• Y'a la maîtresse, elle lisait un Oralbum.

    Un titre improbable pour donner mon avis sur la dernière trouvaille pédagogique à la mode : les Oralbums. (J'aurais pu l'appeler aussi, si j'avais des Lettres et un peu d'ironie : "De l'horrible danger de la lecture des contes en VO", ou encore : "Il était une fois des écritrucs qui le frisent, le ridicule".)

    De quoi s'agit-il ?

    Si j'ai bien compris, il s'agit d'adapter les contes traditionnels au niveau de langage présumé d'enfants de maternelle.

    Très bien.

    Cependant, cette adaptation touche non seulement le lexique (suffisamment appauvri pour ne surtout pas risquer d'apprendre à nos enfants des termes désuets et absolument inutiles aux futures masses laborieuses, tels : "chevillette" et "bobinette"), mais aussi la syntaxe.

    Soit.

    Je ne m'étendrai pas sur les choix lexicaux. Que l'on préfère utiliser "bazar" au lieu de "désordre", au risque d'être incompris, je veux bien l'entendre. Je ne me permettrai pas de rappeler que le vocabulaire passif va bien au-delà de l'actif, et qu'entre ce qu'un enfant est capable de dire et ce qu'il comprend, il y a un monde. Je ne me permettrai pas de défendre les bobinettes et les chevillettes qui choient, parce que comprendre ces expressions, ce n'est pas seulement les associer à un objet réel (ce qu'à 42 ans, je suis bien incapable de faire), mais simplement les entendre comme une formule, quasi magique, qui ouvre la porte de l'inconnu et du danger. 

    Je ne me le permettrai pas, parce que je suis une instit' de base la tête dans le guidon, qui manque de temps pour les statistiques et les étalonnages, pour aller chercher ailleurs que dans son expérience d'enfant, de mère et d'enseignante, les mots qu'elle va pouvoir dire ou ne pas dire, lire ou ne pas lire.

    Néanmoins, je n'attendrai pas que mes élèves - ou mes enfants- usent du subjonctif ou du passé simple pour leur en donner à entendre. Je ne répondrai pas aux "arheu" de mon bébé par d'autres "arheu" : j'essaierai au contraire de reformuler ce qu'il a voulu dire avec mes mots et mes phrases d'adulte. Je n'oublierai pas que pour parler à des enfants, pour écrire à destination des enfants, il faut se hisser sur la pointe des pieds, que pour les "élever" (au sens premier), il faut être soi-même très grand.

     

    Ce qui me heurte davantage que cette indigence lexicale forcée, savamment mesurée, c'est l'oralisation de la narration, c'est le brouillage constant entre récit et discours.

    Ainsi, il est écrit au verso des pages illustrées, un texte (si l'on peut encore l'appeler ainsi) très rigoureusement calqué sur les structures prédominantes à l'oral (ou que l'on se figure être de l'oral).

    Un exemple pour la Moufle, adressé à des élèves de MS :

    "Y'a l'hiver qui était arrivé dans la grande forêt d'Ukraine avec le froid et la neige. Maxime, il était dans la grande forêt avec son papa. Il avait mis son gros anorak."

    Un extrait de "Pierre et le loup", adressé à des MS également :

    "Voilà Pierre qui habite la campagne avec ses grands-parents. 

    Et il a trois amis, Pierre.

    Ses amis, c'est un moineau qu'il a soigné quand il était blessé. C'est aussi un canard."*

     

    Je suis loin d'être snob en lecture. J'aime la littérature de jeunesse moderne. J'aime aussi que l'on prenne des libertés avec la langue à la Tardieu ou à la Queneau...

    Je ne m'offusque pas de trouver dans des dialogues de romans pour enfants une bonne dose d'oralité :

    — Tenez, père Latuile, je lui ai piqué plein de caramels...

    — T'es gentil, mon p'tit gars... Descends, maintenant. Moi je reste là, j'ai plus rien à faire en bas.

    (in : Qui a tué Minou Bonbon)

    Mais nous ne sommes pas sur le même plan.

    Les dialogues oralisés tentent, par souci de réalisme, d'imiter l'oral, de reproduire l'interaction entre deux individus.

    Il n'en est pas de même du récit, de la narration - et encore moins dans le conte.

    En mêlant temps du discours et ceux du récit (y'a -présent- l'hiver qui était arrivé - plus que parfait), en introduisant des marqueurs d'énonciations dans le récit (omniprésence de structures détachées comme : Y'a l'hiver qui; il a trois amis, Pierre ...), on brouille allègrement les représentations que l'enfant doit pouvoir se faire de ce type d'écrit. 

    En effet, les structures de type "Y'a Pierre qui m'a piqué ma balle", ou "Pierre, il m'a piqué ma balle" sont représentatives de l'oral. Ou plus exactement, d'une interaction entre deux individus (ou entre un individu et un groupe).

    Dans ces structures, le thème (Pierre) est détaché du prédicat (m'a pris m'a balle) de façon insistante, parce que la deuxième est considérée par le locuteur comme inconnue de son interlocuteur. Les informations sont donc naturellement et explicitement hiérarchisées : "Pierre (tu le connais = thème), eh ben il vient de faire un truc que tu ne sais pas." 

    Il me semble que le conte - à la différence du discours politique, qui se veut polémique, ou du propos pédagogique, qui attire l'attention sur un élément passé inaperçu- ne peut entrer dans une telle intersubjectivité : le cadre qu'il propose est complètement indépendant de la situation hic et nunc, l'univers qu'il met en scène se suffit à lui-même, se nourrit de lui-même, et il n'a que faire de supposer ce que le lecteur en sait. Le conteur, oui, peut dialoguer avec son public (pourquoi pas) : "Tiens, tu ne sais pas ce qu'il va faire Pierre ?". Mais pas le récit.

    Dans le conte, situé ailleurs et autrefois, voire nulle part, la mise à distance est nécessaire entre les personnages, ce qu'ils font, vivent, et le lecteur. L'histoire ne peut entrer qu'en résonance indirecte avec son vécu. Ce me semble -sans pouvoir réellement l'expliquer- presque vital pour l'imaginaire.

    Et quand bien même, peut-on se permettre, quand on s'adresse à des enfants qui sont en train de se construire des représentations des types d'écrits, de l'écrit lui-même, de prendre le parti de leur donner à lire (ou à entendre lire) des textes aux contours aussi flous, à la syntaxe et aux concordances tellement expérimentales, que même le Nouveau Roman et l'Oulipo réunis ne les auraient pas osées ?

     

     

    * : à voir sur : littérature au primaire.

     

    On en parle aussi :

    Chez Charivari

    Sur le blog de Double casquette

    Sur le blog de PE pour la vie

    Sur celui de Pierre Jacolino

     

     


  • Commentaires

    1
    Lundi 24 Février 2014 à 18:59

    Je le rajoute dans les liens.

    Le blog de Spinoza  : peux-tu remplacer par Littérature au primaire, stp ? car il y a quand même beaucoup de collaborateurs, même s'il faudrait relancer la machine (mais ce n'est pas facile avec nos emplois du temps et nos travaux d'Hercule respectifs d'être sur 36 blogs en même temps).

    2
    Lundi 24 Février 2014 à 20:53

    Merci pour le lien ! Je t'ai cité aussi ;-)

    3
    Mardi 25 Février 2014 à 00:14

    ça fait peur, quand même...

    4
    Mardi 25 Février 2014 à 13:18

    Bel article.

    5
    Mardi 25 Février 2014 à 13:59

    Merci ma grenouille.

    (un peu prétentieux, mais c'est par contraste !)

    6
    Mardi 25 Février 2014 à 14:01

    Je ne connaissais pas les Oralbums. C'est effrayant. Les exemples que tu donnes sont édifiants.

    7
    Mardi 25 Février 2014 à 15:06

    Merci ! 

    8
    Mardi 25 Février 2014 à 19:18

    Je t'ai citée sur Facebook et je te cite chez moi ! Merci pour ton avis !

     

    9
    Mercredi 26 Février 2014 à 00:25

    Je te trouve pas sur FB, DC...

    10
    Mercredi 26 Février 2014 à 11:16

    Je t'ai envoyé un MP !

    11
    Mercredi 26 Février 2014 à 11:33

    Merci DC !

    12
    Mercredi 26 Février 2014 à 14:21

    J'ai modifié mon billet en citant ton blog à la place de ton commentaire chez Charivari.

    13
    Vendredi 28 Février 2014 à 07:46

    Effrayant, désespérant de constater que des gens oublient que la mission première de l'école est "d'élever" le niveau 

    , de conduire les enfants vers la perfection ...

    14
    chableu
    Vendredi 28 Février 2014 à 19:26

    Merci pour ce bel article.Je partage cet avis.A l'IUFM,des formateurs ont essayé de nous vendre cette chose et en règle générale l'idée qu'il faut raconter les histoires et non les lire dans un premier temps aux élèves....quid de la spécificité de l'écrit?

    15
    Vendredi 28 Février 2014 à 19:36

    Raconter une histoire aux tout-petits, après leur avoir fait longuement commenter chaque image, et avant de la leur lire, c'est très bien. Mais il faut le faire avec leurs mots à eux et non pas avec les mots d'un adulte qui joue (mal) à parler comme un gosse.

    C'est par la connaissance sensible des enfants qu'il a en face de lui que le PE sait jusqu'où il peut aller et quelles formules il va passer pour le moment sous silence, lesquelles il va au contraire sur-exploiter parce qu'il sait qu'elles vont passer chez un grand nombre de ses élèves.

    Ce n'est pas un bouquin du commerce, écrit en s'appuyant sur des grilles (... de fréquence, ne vous affolez pas), qui peut remplacer cela. Un être humain, ce n'est ni une volaille hors-sol, ni un plant de tomate cultivé au liquide de KNOP sur substrat synthétique.

    16
    Dimanche 2 Mars 2014 à 00:26

    Ce qui me frappe, c'est toujours l'argument du "mais c'est en plus, ça n'est pas à la place, on lit AUSSI des vrais contes, en plus de ces machins-là". D'un seul coup, je me dis que c'est pareil que pour la "lecture globale" : on nous serine "Mais ne vous inquiétez pas, on varie les approches, on leur fait apprendre des stocks de mots mais on fait AUSSI du code, on fait tout, ça ne peut qu'être bien". 

    En fait, je ne pense pas qu'empiler des pratiques contradictoires soit très bénéfique pour les enfants. 

     

    Bon, allez, je rentre de vacances, j'avais décidé de ne plus jamais parler d'oralbums, pour ne pas gâcher le bénéfice de ma semaine à la montagne, et puis je n'ai pas tenu parole, c'est pas bien ! 

    17
    Dimanche 2 Mars 2014 à 09:30
    Surtout que la justification du schmilblick, c'est que la syntaxe "académique" est trop éloignée des capacités syntaxique des petits. Alors, de deux choses l'une : soit c'est trop dur, et on ne voit pas pourquoi on ne ferait pas QUE des Oralbums, soit ça ne l'est pas, et on ne voit pas pourquoi on ferait des Oralbums.
    18
    Dimanche 2 Mars 2014 à 10:05

    Rikki, je vais gâcher ta fin de vacances en rebondissant sur ce que tu dis : encore un dégât collatéral de l'approche par compétences. Plus fine est la tranche de saucisson et plus il en faut.

    Évaluer la syntaxe orale de Bichounet et Bichounette et être capable de dire quand ils ont (enfin) acquis le pronom "il" et le "passé composé" (ah ! il a encore dit "Les filles, ils ont viendu et ils se sont tombés" ! c'est un "échec scolaire" en puissance ! hardis les gars ! remédions ! remédions !), ça oblige à ce genre de contorsions langagières, forcément !

    19
    Dimanche 2 Mars 2014 à 10:12

    Moi, le travail sur l'oral, j'ai une vraie progression dessus à la récré. 

     

    Le but est de passer, de septembre à juin, de "moi pipi" à "je peux aller aux toilettes, s'il te plaît ?" (notez bien que je n'exige pas "est-ce que je peux" ni "puis-je", on est à l'oral, et j'ai tout bien compris la différence entre l'oral et l'écrit). 

    L'étape la plus dure est de faire disparaître le verbe "yaller" et le verbe "partir". Mais on y arrive, à force d'à force ! 


    Pandi Panda, qui en est à son deuxième CP il faut bien l'avouer, nous a demandé la permission d'aller aux toilettes dans un français parfait, du premier coup, pas plus tard que le mois dernier. Sa maîtresse de l'année dernière et moi-même avons échangé un sourire de victoire...

     

     

    20
    Dimanche 2 Mars 2014 à 10:21

    Ça, ça te fait au moins deux points de validation de ton Projet d'École, Rikki ! Ah, ce verbe yaller, quelle plaie ! On devrait dire à Boisseaux de le rajouter dans ses Oralbums.

    "C'est la tifille, y va yaller voir sa mamie et son papy... paske y va yaller lui porter des BN et du Danacol."

    Parce que c'est vrai quoi, si maintenant, Pierre a un grand-père et une grand-mère, il n'y a pas de raison que la pauvre Chaperon Rouge vive dans des familles monoparentales de mère en fille !

    21
    Dimanche 2 Mars 2014 à 10:41

    (Bien vu, le verbe yaller !)

    Bon, moi, plus j'y pense, plus je crois que ces Oralbums sont seulement un bon moyen de se faire du fric sur le dos de la syntaxe.

    Tu ne sais pas écrire ? Tu n'as aucune imagination pour créer de nouveaux personnages ? Crée un Oralbum !

     

    Et du coup, moi aussi, j'ai eu une idée de génie !

    J'invente dès aujourd'hui les "Mathacre" (croisement de math et de massacre).

    Et je tiens la leçon sur la soustraction qui n'aille pas trop à l'encontre des représentations de nos élèves

    Pour faire une soustraction, tu peux y enlever dans le sens que tu veux. Par exemple, si dans 153 - 49, le 3 - 9 te gêne, fais 9 - 3.

    Résultat en Mathacre : 153 - 49 = 116.

     

    On ne devrait pas avoir trop de mal en résolution de problèmes : il suffira de prendre tous les nombres de l'énoncé et de les additionner.

     

    22
    Dimanche 2 Mars 2014 à 10:42

    Mais c'est pas grave, hein ! Parce qu'à côté de ça je fais de vraies maths !
    Parfois.
    Quand j'ai le temps.
    Enfin, pas trop.
    Parce que bon, c'est trop difficile et je risque de les dégoûter.

    23
    Dimanche 2 Mars 2014 à 10:44

    En même temps, grâce au verbe yaller, nos élèves ont enfin accès au passé simple... yalla ! wink2

    24
    Dimanche 2 Mars 2014 à 10:50

    Moi, je suis assez pour ta proposition, Abc... il faut partir des représentations de l'élève, et il est clair que 3 - 9 = 6, c'est une représentation assez bien ancrée. De plus, on notera qu'à un niveau très supérieur, tout cela est vrai, car la valeur absolue est exacte ! Il suffit d'ajouter des petites barres de part et d'autre et on a bon. 

     

    Je me demande d'ailleurs si on ne devrait pas être plus humble face aux trouvailles de nos élèves...

    25
    Dimanche 2 Mars 2014 à 10:51

    Festival de fous-rires ! Merci les filles ! Je veux bien participer à la rédaction des Mathacres, si tu veux bien de moi, abcdefgh ! Depuis que j'ai reçu le rapport d'inspection de Brissiaud, je me sens mûre pour ça. he

    26
    Dimanche 2 Mars 2014 à 10:54

    Il faudrait tolérer les "vingte-dix", vingte-onze, vingte-douze, ...", non, vous ne croyez pas ? C'est quand même le signe que l'enfant a compris le sens de la numération vingtésimale bien mieux que nous et qu'il est en avance d'au moins une génération, je trouve.

    27
    Dimanche 2 Mars 2014 à 12:50

    Pourquoi, tu ne les acceptes pas, toi ? Moi, j'accepte quarante-douze, sans problème. Ou plutôt, carentdouz, parce que dans la partie "maths", on n'évalue pas le français, faut pas tout mélanger. 

    28
    Dimanche 2 Mars 2014 à 12:56
    Bon, les filles, J'AI trouvé la solution: Dans ma classe, on en demande pas à yaller aux toilettes, ni à partir aux toilettes, ni même à yaller pisser c'est pressé. Dans ma classe, on lève la main, en faisant le signe WC en langage des signes. On ne dérange pas la classe pour une histoire de vessie, on n'agace pas la maîtresse avec des yaller et des partir. :) On n'apprend pas à parler non plus me direz- vous...
    29
    Dimanche 2 Mars 2014 à 13:27

    Madame Têtard, tu es notre maître à tous ! Total respect ! Il n'y a qu'une étape que tu n'as pas encore franchie... Celle qui consiste à ne plus scolariser les enfants du tout, de peur qu'ils apprennent quelque chose qu'ils n'auraient pas découvert par eux-mêmes.

    Mais je sens que tu es sur la bonne voie... Bravo !

    30
    Dimanche 2 Mars 2014 à 14:02

    Remarque, pour être tout à fait honnête, quand dans la cour on se pointe devant moi en se tortillant sévère, avec un appel urgent dans les yeux, je ne finasse pas trop, je dis "vas-y vite", parce que sinon, la dame de service, elle me tue. (notez la reprise : "la dame, elle me tue", c'est une figure de style oralbumesque, vous aimez ?)

    31
    Dimanche 2 Mars 2014 à 14:07

    C'est bien, mais tu aurais pu aller jusqu'au bout et créer le style "Plus mieux bien vrai qu'avec les Oralbums" et écrire "la dame, y m'tue trop !", je trouve...

    32
    Samedi 22 Mars 2014 à 20:41

    Il me suffit de me souvenir du plaisir que j'avais à lire (LIRE, pas raconter) des albums, des contes, des livres de littérature de jeunesse à mes gamins pour savoir que les oralbums, ils ne passeront pas par moi. Et de leur plaisir à m'écouter. Et mon gamin de répéter des phrases entières à 3 ans.

    Je remarque déjà que mon langage oral s'appauvrit. C'est un peu l'impression que j'ai en ce moment, mes phrases ne sont pas toujours très correctes et léchées. Et cela m'ennuie. 

    On peut y remédier?

    33
    Dimanche 23 Mars 2014 à 08:31

    Je ne sais pas, mais je sais que j'ai pensé très fort à vous avant-hier lors de ma réunion "cycle 2" sur les maintiens éventuels : un énoooooooorme Oralbum du Petit Chaperon Rouge était posé sur la bibliothèque, exposé de face, dans la salle du réseau. Ca donne envie d'envoyer les enfants au RASED, tiens ! 

    34
    Mercredi 9 Avril 2014 à 22:19

    Comme je suis rassurée de lire ton article abcde...

    Je ne suis plus beaucoup sur la toile. Je vais d'école en école, sur un nouveau poste de remplaçante.

    C'est une PES qui m'a parlé des oralbums. Lorsque j'ai trouvé une classe qui en avait un, j'ai sauté sur l'occasion pour ... tester. Aïe. Doutes, colère aussi.

    Je conte parfois,

    je lis souvent.

    Je lis en montrant les images. Je lis aussi sans support visuel. ("Mais je comprends pas, maîtresse, y a pas d'images").

    J'ai testé. (Le bonhomme pain d'épices, je crois). Je ne dirai pas mieux ce que tu as écrit.

    Je me contente de j'ai testé, je bannis.

    Mais avant de te lire, je me sentais un peu seule. J'avais peu entendu parler de cette "nouveauté pédagogique", mais je n'en avais entendu que du bien. Je cours lire les autres liens.

    35
    Mercredi 9 Avril 2014 à 22:22

    PS: je lis que ce débat est "vieux" (2009, 2012...) bon... j'arrive en vol direct du CM. Et puis mieux vaut tard...

    36
    Mercredi 9 Avril 2014 à 22:28

    Ce débat est "vieux", mais toujours d'actualité... Notre "offre de formation" ayant l'habitude de n'entendre qu'un son et qu'une cloche, ce n'est pas demain la veille qu'on rejettera les Oralbums en animation pédagogique, hélas !

    37
    Samedi 12 Avril 2014 à 16:38

    J'en profite pour signaler une collection de contes, que je trouve bien écrits et accessibles, publiée chez Syros (chez qui je n'ai aucun profit personnel) : Paroles de Conteurs.

    La démarche, qui s'inscrit dans les pas des grands auteurs des siècles derniers, est à l'inverse des Oralbums : mettre par écrit des contes de traditions orales du monde entier. 

    Les auteurs de cette collection, très peu onéreuse, sont des conteurs et auteurs réputés, et certains contes sont disponibles en vidéo :

    http://www.youtube.com/watch?v=IcUgBXaHN1U

     

     

    38
    Maneval
    Mardi 15 Juillet 2014 à 10:45

    Bonjour,

    J'arrive après la guerre mais je tiens tout de même à apporter un autre regard sur cet outil qu'est l'orallbum.

    Il me parait intéressant, quand on est enseignant en maternelle de se poser la question du langage oral (et pas seulement qu'à la récréation !). Ce que propose P. Boisseau est un support qui permet aux enfants de s'approprier une histoire par l'oral (il ne faut surtout pas lire la proposition de l'oralbum mais s'en inspirer pour raconter). Une progressivité dans l'apprentissage de l'oral (s'inspirant grandement des travaux de L. Lentin cf entre autres "les histoires à parler" éditées par l'AsFoReL) est ainsi proposée afin de présenter aux élèves selon leurs besoins des structures syntaxiques proches de leurs capacités d’appropriation (et non pas de compréhension). Cette conscientisation par l'enseignant de sa proposition langagière est fondamentale pour aider les élèves les plus fragiles de nos classes.

    Ce travail sur l'oral n'est pas en contradiction avec un travail sur le langage écrit, bien évidemment.

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